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Rel@com - Revue des Sciences Humaines et Sociales - Université Alassane Ouattara

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ISSN : 2709-5053
Editeur
Département SLC – UAO
Périodicité
Semestrielle
Domaines
Sciences sociales, Sciences humaines etc.

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RATIONALITÉ LOCALE ET HÉSITATION VACCINALE : PERCEPTIONS DES MALADIES INFANTILES ET LIMITES DU PEV À ODIENNÉ (CÔTE D’IVOIRE)

Auteur.e.s

Awa KAMATÉ , ATTIA Michel Akabilé, Gnénégnimin SORO .

Résumé

La vaccination infantile constitue un pilier essentiel de la santé publique, mais en Afrique subsaharienne, les taux de couverture restent insuffisants et les écarts entre priorités institutionnelles et urgences communautaires demeurent préoccupants. En Côte d’Ivoire, dans la région du Kabadougou, la couverture vaccinale demeure en deçà des standards internationaux, tandis que des maladies non incluses dans le Programme Élargi de Vaccination (PEV), telles que le paludisme ou la diarrhée, continuent de représenter des menaces immédiates pour la survie infantile. Cette étude visait à analyser les perceptions des mères d’Odienné concernant les maladies infantiles et la vaccination, en mettant en lumière le décalage entre rationalité biomédicale et priorités locales. Une approche qualitative a été mobilisée, fondée sur 29 entretiens semi-directifs auprès de mères résidant en zone rurale comme urbaine, ayant des enfants âgés de 0 à 15 mois, indépendamment de l’état de leur carnet vaccinal (complet ou incomplet). Les participantes ont été sélectionnées selon une technique d’échantillonnage par convenance, et la taille finale de l’échantillon a été déterminée par le critère de saturation des données. L’analyse thématique, guidée par la théorie des représentations sociales (Moscovici) et les modèles explicatifs de la maladie (Kleinman), a permis d’identifier les logiques structurantes des décisions vaccinales. Les résultats révèlent que les mères accordent la priorité aux maladies fréquentes et visibles, comme le paludisme ou la diarrhée, plutôt qu’à celles couvertes par le PEV. La méfiance vaccinale s’explique par des expériences vécues, l’influence de l’entourage, les croyances symboliques, la peur des effets secondaires et les rumeurs, mais elle s’accompagne aussi de pratiques d’hybridation conciliant biomédecine et logiques locales. L’étude met en évidence que l’hésitation vaccinale traduit une rationalité située et cohérente, appelant à des interventions adaptées aux réalités sociales et culturelles locales.

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